NERI L’écho flou des formes pures

Neri Bougeoire, Soliflore. Pieces réalisées en ceramique avec la technique de Nerikomi, émaillé or et verre. Présentée lors de la design week 2024.

Ces deux petites sculptures, bougeoirs ou soliflores, naissent d’un paradoxe : celui d’une géométrie stricte, inspirée par les lignes épurées de Brancusi, mais troublée, adoucie par la technique japonaise du Nerikomi . Natalia Joly y marie le grès noir et la porcelaine blanche, deux terres aux tempéraments opposés, cuites à haute température pour révéler une surface marbré, non émaillée, presque minérale. Le Nerikomi brouille les contours, estompe les angles, comme si la main de l’artiste, en cherchant la pureté de la forme, avait accepté que la matière impose sa propre poésie.

Les volumes, à la fois bruts et précis, évoquent les ornements géométriques des maisons roumaines, ces motifs que Brancusi a un jour transfigurés en sculptures. Mais ici, la terre, en se mêlant, résiste à la rigidité du trait. Elle crée des nuances, des transitions, des zones d’ombre où la géométrie se fait plus humaine, plus organique. Chaque pièce porte en elle cette tension : l’aspiration à l’ordre, et l’acceptation du flou, de l’imperfection, de la fragilité inhérente au *neriage*.

Rehaussées d’un filet d’or, ces sculptures accueillent la lumière d’une bougie, la présence éphémère d’une fleur, ou simplement le vide. Elles deviennent des objets de contemplation, où la rigueur des lignes dialogue avec la douceur des mélanges, où l’inspiration de Brancusi se dissout dans la matière, pour laisser place à une forme nouvelle, à la fois familière et mystérieuse.

Précédent
Précédent

Hako Box

Suivant
Suivant

Odango