JUZU

JUZU sculpture, Piece réalisée en ceramique emaillée, gres, feuille d’or et broderie de perles de metal et fibre de tapimco.



Imaginez un bijou démesuré, un bracelet haut de plus d’un mètre, où chaque perle de céramique, par sa texture et sa couleur, devient le réceptacle d’une pensée, d’un souvenir, d’un souffle. Natalia Joly a conçu cette pièce comme un juzu contemporain — ces chapelets japonais où chaque grain marque une prière — mais ici, les 46 perles ne suivent pas le nombre sacré des 108 grains traditionnels, mais un chois intime, une ritournelle personnelle. Elles tracent plutôt un chemin intérieur, une litanie intime où le Chili et le Japon se répondent.

Les perles, en grès émaillé, alternent entre noir profond, blanc mat et pastels délicats, chacune portant la trace d’un long travail de recherche sur les matières. Certaines sont lisses comme une pierre polie par la mer, d’autres granulées comme un tissu brut, d’autres encore craquelées, évoquant les broderies que Natalia Joly a créées pour les maisons de couture. Des cordelettes de broderie, fines et précises, s’y accrochent, rappelant les cordons du chapelet de méditation.

Parmi elles, une perle renferme une fibre de tampico, matière chilienne utilisée pour tisser le Rari, ces perles de crin de cheval que les artisanes du Maule créent depuis des générations. C’est un fragment d’enfance, un lien avec cette terre lointaine, glissé dans la ronde des perles comme une confidence.

Ce bracelet n’est pas un simple ornement. C’est un objet de méditation, un bijou à l’échelle du corps, où chaque perle invite à une pause, à une pensée, à un geste. Il se porte comme on parcourt un chemin, où le Chili et le Japon, le textile et la céramique, se rejoignent dans une même prière silencieuse.

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