OXO Claustra
Claustra OXO, la frontiere poreuse. Pieces réalisées en ceramique émaillée et coton amidonné présenté lors de la design week 2024.
La frontière poreuse
Cette claustra ajourée est à la fois une frontière et une invitation. Les bandes de coton écru, tendues en croisillons précis comme un macramé géométrique, tissent une trame qui respire — une métaphore du mouvement perpétuel de l’artiste entre l’isolement fécond de l’atelier et l’appel du monde extérieur. Elle n’enferme pas, elle “filtre” : laissant passer la lumière, les idées, les souffles, tout en gardant la mémoire des passages.
Les rondelles de grès noir, lisses et brillantes comme des boutons de vêtement, percent cette toile de leurs présences . Elles sont les points d’ancrage, les pauses dans le flux, les instants où le regard s’accroche avant de glisser plus loin. Leur surface, ponctuée de micro-reliefs, grave la mémoire miniature des nœuds et des croisements des fils, comme si chaque détail portait en lui l’écho d’un geste répété, d’une patience artisanale.
Ici, la fibre et l’argile se répondent : le coton, souple et organique, évoque le besoin de respirer, de s’étendre ; le grès, dense et définitif, incarne la nécessité de se recentrer, de se concentrer. Ensemble, ils forment une claustra qui n’enferme pas, mais *filtre* — laissant passer la lumière, les idées, les souffles d’air, tout en gardant la trace des passages.
Accrochée au mur ou déployée dans l’espace, cette pièce devient une méditation sur le seuil. Elle est la grille et l’échappée, la limite et le passage, une œuvre qui respire au rythme de celui qui la traverse — ou qui, simplement, la regarde, et y reconnaît le battement même de sa propre création.